mercredi 9 mars 2016

Centre de tri de Montaudin : il n y a pas de fatalité en ruralité par Yannick FAVENNEC

Le mois dernier, le groupe La Poste a informé Bernard ORY, le maire de Montaudin, de sa décision unilatérale de déménager sur Ernée, en octobre prochain, le centre de tri installé sur sa commune. 
J-M.ALLAIN, B.ORY, Y.FAVENNEC et B.LESTAS
se réjouissent du maintien du centre de tri sur
Montaudin.

Immédiatement, celui-ci a mobilisé les habitants, notamment les commerçants et artisans, sur les incidences pour Montaudin, en termes d’attractivité et de développement, ainsi que sur les inévitables conséquences économiques et sociales de ce déménagement.

Il m’a également prévenu de la situation, tout comme le président de la communauté de communes, Bruno LESTAS, les conseillers départementaux, Jean Marc ALLAIN et Françoise DUCHEMIN,  et les maires des communes desservies par ce centre de tri.

A mon initiative, une première réunion a eu lieu le 15 février à la mairie de Montaudin en présence de l’ensemble des élus concernés et des représentants départementaux de La Poste.

A cette occasion, nous avons fait part de notre surprise d’apprendre ce déménagement décidé sans la moindre concertation préalable.
Nous avons également indiqué notre totale détermination à nous opposer à ce transfert,  tant qu’aucune autre solution alternative pour le territoire du bocage mayennais ne serait envisagée par la direction de La Poste.

Nous sommes, bien sûr, conscients de la nécessité pour cette grande entreprise de s’adapter aux évolutions de la société, et de la difficulté de gérer des contraintes industrielles et financières dues, en particulier, à la diminution du volume de courrier et au développement des nouvelles technologies d’information et de communication.

Cependant, nous aurions souhaité que le groupe La Poste prenne aussi en compte l’aspect territorial et les atouts qui y sont inhérents. Face aux enjeux économiques d’un monde globalisé et de plus en plus dématérialisé, il est essentiel de ne pas regarder qu’un seul angle de la relation entre le groupe La Poste et le monde rural, de présumer arbitrairement qu’un territoire sera plus adapté qu’un autre et, ce faisant, de les opposer alors qu’ils sont complémentaires.

Aussi, nous avons demandé un gel du projet pendant un à deux mois, afin d’étudier la possibilité d’une autre proposition, plus adaptée pour le bocage mayennais, et cohérente avec la politique économique de cette grande entreprise essentielle à l’attractivité de nos territoires.

A l’issue de cette première réunion, j’ai pris l’attache du cabinet du président de La Poste, PhilippeWHAL, à Paris, afin qu’il reçoive les élus concernés.

Celui-ci a missionné son représentant dans la région des Pays-de-la-Loire, Fabien DRUJON, pour nous rencontrer. C’est ainsi qu’une seconde réunion s’est déroulée, le 3 mars dernier, à la mairie de Montaudin.

A l’issue de cette concertation, monsieur DRUJON nous a donné son accord pour un moratoire, le temps d’étudier avec la direction du courrier de La Poste une solution alternative telle que, par exemple, une mutualisation des centres de tri situés dans la communauté de communes du bocage mayennais : Montaudin, Fougerolles du Plessis, Gorron et Ambrières-les-Vallées. Cette solution devant permettre, à tout le moins, de préserver la présence industrielle de La Poste sur le territoire, et par conséquent des emplois.

Le directeur régional s’est alors engagé à nous rendre réponse dans les meilleurs délais. Le 4 mars, il m’a appelé, ainsi que Bruno LESTAS, pour nous informer, qu’après une réunion avec le directeur de la branche courrier, le groupe La Poste avait  pris la décision de  renoncer au déménagement du centre de tri de Montaudin vers Ernée.

Ainsi, les neuf facteurs de Montaudin resteront basés dans la commune.  La Poste a cependant posé une condition : celle d’examiner rapidement, avec les élus municipaux, les améliorations à apporter aux conditions de travail des facteurs actuellement en activité.


Il est important de noter qu’un tel résultat est le fruit de la mobilisation des habitants, du conseil municipal et du maire de Montaudin, mais également du front uni de tous les élus en faveur de la défense du monde rural.

Au travers de la résolution de ce dossier, nous avons apporté la démonstration qu'il n y a pas de fatalité dans le monde rural.

Dès lors que nous avons la volonté de nous rassembler et de trouver un juste équilibre entre les indispensables évolutions du service public et le développement pérenne de nos territoires, des résultats positifs peuvent être obtenus dans l’intérêt de chacune des parties prenantes.

Si je me réjouis de cette victoire collective, j’entends naturellement rester vigilant sur la manière dont La Poste va poursuivre son adaptation aux différentes contraintes et aux défis qu’elle doit relever à l’avenir.

Pour autant, après ces différentes réunions de crise, j’ai la conviction qu’à la lumière du dossier de Montaudin et de notre réactivité, les responsables du groupe La Poste sont désormais conscients de la nécessité d’un minimum de concertation et de communication avec les élus des territoires concernés.

Yannick FAVENNEC


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